Pratiques himbas


La notion de dieu n’existe pas chez les Himbas. Les trois termes Nsyambi, Karunga et Huku, renvoient à l’idée floue d’un être suprême, créateur du monde, qui n’intervient presque pas sur les choses terrestres. Dans le même ordre d’idée, le terme Mukuru signifie "l’ancien".

 

Le feu sacré

Le feu sacré est un élément religieux fondamental, symbole d’une continuité entre le monde des morts et des vivants. Il est allumé avec "deux bâtons sacrés" (ozondume). Le premier est placé horizontalement et le second, vertical, s’emboîte dans un orifice et permet par frottement d’obtenir un point incandescent pour allumer le feu. Seul le chef de lignée est autorisé à les manipuler. Le feu ne doit jamais s’éteindre. Ce serait un signe de mauvais augure et une offense aux ancêtres. L’emplacement du feu aussi est sacré. Le culte des ancêtres se rend autour du feu, souvent matérialisé par une simple bûche au centre d’un cercle empierré. Les bâtonnets sacrés et les réserves de bois proviennent d’un arbre : le mopane, qui a donné naissance au sous-clan Womutati des Omuweyuva.

Le feu sacré est situé entre l’entrée du kraal central pour le bétail et l’entrée de la hutte du chef. Seule la case de son successeur fait aussi face au feu. La surveillance du feu revient à la première femme du chef, et tous les feux des cases sont allumés à partir du feu sacré. L’accomplissement de tous rites dans cet espace assure la protection du groupe.

 

Le  bétail sacré

Certains bétails sacrés appartiennent aux ancêtres et impliquent différents rites autour du feu. Quelques mois après la mort d’un chef de kraal, le successeur emmène une génisse sur la tombe, lui entaille l’oreille en l’honneur des ancêtres. Du lait de cette vache sacrée est versé sur la tombe. Ensuite, le nouveau chef verse du lait sur le feu puis le goûte. Les autres membres de la lignée peuvent alors boire le lait. D’autres animaux appartiennent au chef qui peut sacrer tout animal. Chaque catégorie de bétail sacré a ses tabous. Le bétail sacré appartient à l’oruzo et la transmission se fait de façon patrilinéaire. A la mort d’un chef de kraal, la fonction est assurée par son frère. En aucun cas les fils de chef de kraal ne peuvent quitter le village.

 

Magie et Sorcellerie

Les Himbas ont recours à la magie. Deux fonctions, devin et guérisseur, sont principalement exercées par les Zemba et les Hakaona, du Sud angolais. Pour cela, l’utilisation des entrailles animales est courante. Lorsqu’une chèvre ou un boeuf est sacrifié, le devin, ombetere, souvent une vieille femme, interprète les veines et les dessins de l’estomac pour prédire le futur. S’il s’agit de trouver les causes d’un mal qui s’abat, divers rites entourent la consultation, suivis de sacrifices et de la consultation des ancêtres. Des remèdes sont prescrits, faisant appel à l’onganga, le guérisseur. Les Himbas ont une connaissance parfaite de la végétation, souvent utilisée à des fins médicales (feuilles de mopane contre les hémorragies), religieuses (racines qui servent à entrer en contact avec les esprits), magiques (feuilles qui font lâcher une proie à un crocodile), hygiénique et cosmétique (en parfum ou savon).

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